Un an après l'enquête nationale au sein des établissement de santé menée par le ResOMEDIT sur le dépistage du déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD), les autorités sanitaires franchissent une nouvelle étape pour renforcer la sécurité des traitements par fluoropyrimidines. Un avis national d'experts, une évolution des fonctionnalités d'alerte au sein des logiciels de prescription et dispensation et plusieurs actions destinées aux professionnels de santé viennent accompagner l'amélioration continue des pratiques au bénéfice des patients.
La Direction générale de la santé (DGS), la Délégation au numérique en santé (DNS), l'Institut national du cancer (INCa), l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), et le ResOMEDIT poursuivent ainsi la mise en œuvre des engagements pris à l'issue de l'enquête nationale publiée en novembre 2025.
Pour rappel, un déficit constitutionnel en enzyme dihydropyrimidine déshydrogénase modifie de façon importante la pharmacocinétique de ce médicament et peut conduire à des toxicités majeures voire létales. Une recherche de déficit enzymatique par le dosage de l’uracilémie préalablement à l’initiation d’un traitement par fluoropyrimidines est obligatoire. En cas de déficit complet, le traitement par fluoropyrimidine ne doit pas être administré. En cas de déficit partiel, l’attitude thérapeutique n’était jusqu’alors pas harmonisée entre les établissements de santé.
Une enquête nationale qui a permis de faire évoluer les pratiques
En novembre 2025, une enquête nationale conduite à la demande de la DGS avait confirmé que le dépistage du déficit en DPD avant l'initiation d'un traitement par 5-fluorouracile (5-FU) était intégré dans les établissements de santé. Elle avait également mis en évidence plusieurs axes d'amélioration afin de renforcer encore la sécurité des patients, notamment en matière d'adaptation de doses en cas de déficit partiel en DPD, d'alertes dans les logiciels de prescription et de traçabilité des résultats biologiques.
Les autorités sanitaires s'étaient alors engagées à conduire plusieurs actions destinées à accompagner les professionnels de santé dans l'évolution de leurs pratiques.
Un avis national d'experts pour harmoniser les adaptations posologiques
Afin de répondre à la saisine de la DGS, l'INCa, en lien avec l'ANSM et avec la participation du ResOMEDIT a piloté un groupe d'experts pluridisciplinaire chargé d'élaborer des recommandations nationales d'adaptation posologique des fluoropyrimidines (5-FU et capécitabine) selon le niveau d'uracilémie.
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